Les derniers jours furent décidément chargés pour le parti d’extrême droite dit du Rassemblement national. D’un côté, le fade Bardella et l’opportuniste nièce Le Pen sont allés en Israël porter leur soutien aux israéliens, posant même en photo avec des enfants de victimes de la Shoah. Cet événement dégoûtant pour qui connaît le passé du RN et la nature toujours antisémite de certains de ses militants est contrebalancé par la récente condamnation de la dirigeante du parti, à savoir Marine Le Pen, pour détournement de fonds avec peine d’inéligibilité. Deux de nos camarades reviennent sur ces deux événements.
Délégation d’extrême droite en Israël
Le 26 et le 27 mars une délégation de plusieurs personnalités d’extrême droite, notamment J. Bardella et M.Marchal-Lepen pour ne citer qu’eux, s’est rendue en Israël. Cette visite a été rendue possible par le gouvernement de Netanyahou qui est à l’origine de cette invitation. Ce gouvernement, en plus d’être génocidaire, salit désormais la mémoire des juifs et juives tués durant la Seconde Guerre mondiale. Il aura suffi au RN et à ses alliés, quelques mois de soutien, non pas aux juifs, mais au gouvernement israélien, pour se laver de toute racine et de tout reproche antisémite. Pour autant, cela n’en reste pas moins qu’une piètre façade.
Nous ne pouvons pas manquer de rappeler les origines historiques du RN qui devraient à elles seules le décrédibiliser. S’il est parvenu à survivre et à connaître un tel essor, ce n’est pas grâce à un pseudo-changement de ligne politique « dédiabolisante », mais bien parce qu’il n’a jamais quitté le camp de la haine. Et dès l’instant où il s’est avéré utile pour la bourgeoisie de réhabiliter le FN-RN comme un parti à l’idéologie tolérable, nous n’avons cessé de les voir toujours plus au-devant de la scène médiatique, et bien sûr ils se sont empressés de faire ce qu’on attendait d’eux, à savoir propager la haine et la confusion parmi le prolétariat.
On pourrait croire que, par rapport aux années JM. Lepen, l’antisémitisme au sein du RN ne serait devenu qu’un sinistre « point de détail », que finalement, de l’eau aurait coulé sous les ponts et que, des dizaines d’années après, seule la question migratoire titille leur intérêt. Mais c’est faux, le RN n’a fait qu’adapter son discours public pour redorer son image. Pour preuve, il suffit de fouiller pour s’apercevoir que nombre de ses cadres passés et actuels ont été condamnés pour des faits antisémites. Voici le lien d’un fil Twitter qui répertorie quelques-unes de ces condamnations. La voilà, la réalité. Pendant que tous les plus gros médias passent leur temps à accuser certains partis de gauche ne soutenant pas le génocide en cours — LFI en particulier, mais aussi bon nombre de personnalités et de syndicalistes — en les accusant d’être les pires antisémites (aucune condamnation à ce jour), de l’autre côté ils font la cour à des partis remplis d’antisémites notoires.
Tout cela n’est pas nouveau. Le soutien du RN à l’État d’Israël n’est que le symptôme de la ligne politique qu’on tente de nous imposer, une ligne totalement orientée vers l’allégeance à l’axe euro atlantique. Autrefois prétendument anti-UE, non par conviction mais bien par populisme — et tout à fait limité dans leur programme d’alors à des conditions rendant impossible le Frexit —, le RN est désormais prêt à toutes les concessions pour avoir sa place comme vassal au service de l’hégémonie états-unienne, d’autant plus quand elle est « trumpiste ». Malgré l’image qu’ils voudraient se donner de « parti de la vraie France », « partie des travailleurs » etc, ils n’ont que faire du prolétariat français, qu’il soit athée, chrétien, juif ou musulman, car ils passent leur temps à le stigmatiser ou à l’idéaliser. Ils attisent la haine, prennent faussement le parti de certains au détriment d’autres, uniquement selon les directives euro-atlantique afin de préserver leurs propres intérêts de classe.
Notons que le RN, si soucieux du christianisme en France, n’a pas l’air d’avoir un quelconque intérêt pour les fidèles violentés lorsque c’est Israël qui en est à l’origine. Ce n’est pas étonnant, puisque qu’ils n’ont aucun cheval de bataille, si ce n’est préserver les intérêts de la bourgeoisie européenne… Et la plus blanche possible ! Ils ont renoncé à la sortie de l’UE, ils changeront encore et encore de cap dès lors que cela leur permettra de préserver leurs privilèges.
Non, le RN n’a pas arrêté d’être antisémite, non le RN n’est pas le parti qui défend les intérêts de « la vraie France », mais le RN est un parti qui, comme beaucoup d’autres, défend les intérêts de la bourgeoisie selon certaines modalités, à savoir la haine, le séparatisme, le conflit, le mensonge et bien d’autres joyeusetés. La JRCF et le PRCF défendent les intérêts des prolétaires de toute nation et de toute confession. Nous devons révéler les mensonges du RN quant à sa prétendue rédemption. S’ils font mine de défendre nos compatriotes juifs, nous devons montrer à tous que, s’ils ont pu effectuer ce semblant de revirement par opportunisme, en attisant la haine et en déshumanisant un autre peuple, les Gazaouis, ils n’hésiteront pas à recommencer pour s’en prendre aux Juifs comme ils le font encore et comme ils l’ont toujours fait, quand bien même leurs attaques sont aujourd’hui moins frontales. Certes, nous, la jeunesse, avons moins bien connu le FN de J. M. Lepen, qui n’hésitait pas à se montrer antisémite en public, mais il nous faut comprendre leurs méthodes actuelles pour voir qu’ils n’ont rien perdu de leur antisémitisme. Sans oublier leur agressivité vis-à-vis d’autres peuples, ethnies et confessions. Cela passe par des moyens détournés et dissimulés, ce qui les rend d’autant plus dangereux, nous le voyons bien après la montée en puissance de l’extrême droite ces dernières années. Alors, tenons fermement la ligne camarade, gardons en tête la lutte pour l’émancipation de tous ces peuples opprimés et luttons contre les pouvoirs impérialistes réactionnaires euro-atlantiques qui, quoi qu’ils prétendent être, ne seront jamais des alliés de circonstance.
Arthur-JRCF
(1) https://x.com/coryleguen/status/1901310928940851265?s=61&t=RA4fK3kG7IY22KICB2RbnA
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Paris – 31 mars 2025 -Par Floréal, PRCF – Nous n’entrerons pas ici dans le débat juridique à propos du jugement rendu ce 31 mars au sujet de l’affaire dite des assistants parlementaires du Rassemblement lepéniste.
Incontestablement, le RN, qui se pose depuis toujours en redresseur de torts de la vie politique, est lourdement fautif dans cette affaire et Marine Le Pen, qui est avocate, ne pouvait ignorer que le fonctionnement de son parti n’avait pas à être financé par ledit « Parlement européen » – c’est-à-dire, dans une large mesure, par les contribuables français. Il est donc logique que les juges lui aient appliqué la même échelle de sanctions, y compris en termes de prison et d’inéligibilité, que celle qui eût été appliquée à tout autre citoyen ayant détourné des fonds publics. En l’occurrence, il s’agit de la loi Sapin II adoptée fin 2016 et dont l’application dans le cas présent est justifiée par « l’ampleur », « la durée » et le « caractère organisé, systématisé » de ladite corruption.
D’un autre côté, on peut se demander pourquoi le droit constitutionnel d’attendre le prononcé d’un jugement d’appel pour rendre exécutoire un verdict de première instance semble ici contourné. En effet, le jugement du 31 mars assortit d’une « exécution provisoire » la peine d’inéligibilité de cinq ans interdisant à Marine Le Pen de se présenter à une présidentielle qu’elle prétend, avec le soutien de l’ensemble de l’appareil médiatique des milliardaires, avoir des chances (hélas !) de gagner. Le principe de la séparation des pouvoirs qui est allégué en l’occurrence ne vient-il pas percuter dans le cas présent, qu’il le veuille ou non, la clé de voute de tout système démocratique qui est, selon Jean-Jacques Rousseau, la souveraineté du peuple ? Déjà sévèrement entamée depuis des années par l’oligarchie euro-atlantique, la souveraineté du peuple risque encore moins de s’exercer si l’on interdit à la candidate du premier parti représenté comme tel au Parlement de candidater à l’élection phare de la Cinquième République. Nous le rappelons d’autant plus fortement que les communistes ont toujours été les opposants les plus acharnés à l’extrême droite et à sa nostalgie mal déguisée des pires époques de notre histoire : c’est-à-dire à tout ce que représente, malgré ses tentatives de « dédiabolisation », le Rassemblement lepéniste [1] ?
Il faut cependant souligner que le RN n’est pas interdit de candidature et c’est ici, pour leurs responsabilités personnelles irréfutables dont les débats du procès ont mis en exergue la particulière gravité, que les juges ont rendu à l’encontre de Le Pen et ses comparses leur verdict, faisant application factuelle de la loi. En réalité, le véritable scandale démocratique ne vient pas tant de la condamnation de Marine Le Pen et de ses lieutenants – qui doivent rendre des comptes à la justice comme n’importe quel citoyen, et encore plus lorsqu’est en jeu la corruption des représentants du peuple -, pas plus que dans celle toute récente de Nicolas Sarkozy. Le véritable scandale vient de l’incroyable immunité dont dispose la Macronie face à la multiplication des scandales d’Etat (que l’on se souvienne d’Alstom quand Emmanuel Macron était ministre de l’Economie du gouvernement Valls !) et des affaires politico-financières (voire de moeurs terribles lire ici) dans laquelle se retrouvent impliqués ses membres. C’est cette monstrueuse distorsion qui ne peut qu’entretenir la défiance – croissante et légitime – des travailleurs face à une oligarchie euro-atlantique désormais prête à tout pour conserver le pouvoir et pour empêcher les forces réellement alternatives comme celles faussement « souverainistes » (en l’occurrence ici, Marine Le Pen) de parvenir au pouvoir.

De ce point de vue, il est impossible d’oublier le contexte européen de cette décision judiciaire qui déclenche déjà une tempête médiatique mondiale. Celle d’une UE-OTAN en marche vers la guerre antirusse, voire vers la guerre antichinoise [2]. Une UE qui flirte partout avec les nostalgiques baltes, ukrainiens, italiens, etc. des Hitler, Bandera et autre Mussolini, une UE qui met partout en place des lois liberticides et des dispositifs anticommunistes et qui partout, confrontée qu’elle est au rejet populaire des « élites » atlantistes par les masses populaires, s’est habituée à « passer en force » en piétinant l’avis des peuples européens censément souverains. Souvenons-nous du Non français (et du « Nej » néerlandais!) à la constitution européenne (un Non que Macron bafoue insolemment quand il lance présentement la marche à l’Etat fédéral européen…) en 2005 ou du rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais en 2008. N’oublions pas les pays européens que Bruxelles a fait voter et revoter jusqu’à ce qu’ils votent « bien ». A tout cela, Madame Le Pen et le RN, qui encore récemment ont décidé de soutenir et de maintenir le gouvernement Bayrou, n’ont rien à redire, eux qui se prononcent contre la sortie de l’Union Européenne.
Ayons aussi en tête l’invalidation réente d’un candidat à la présidentielle roumaine dont le « tort » était de refuser l’implication de la Roumanie dans la guerre continentale en préparation, avec un large déploiement de troupe française. Dans la même veine « démocratique », rappelons la tentative d’assassinat (heureusement ratée) dont a été victime un premier ministre slovaque censément euro-sceptique. Pensons aussi à la « révolution orange » présentement téléguidée par Bruxelles à l’encontre des autorités serbes et gardons en mémoire l’euro-tentative récente de renverser le pouvoir légal en Géorgie. Ou encore la manière dont la Moldavie vient d’être catapultée du côté atlantiste à l’issue d’un référendum dont l’organisation favorisait les Moldaves résidant dans l’UE tandis que ceux qui vivent en Russie étaient mis dans l’incapacité matérielle de voter…
Bref, dans cette affaire des plus glauques, le rôle des vrais communistes ne sera évidemment pas de plaindre la « pauvre » Marine qui s’est cru tout permis, qui s’est laissé piéger, appâtée par les fonds de l’Union Européenne, par son cher prétendu « Parlement européen » (!) et qui est maintenant placée devant ses contradictions. Pas plus qu’il ne s’agira pour nous de cautionner la mécanique politico-médiatico-juridique bien huilée de cette Vème « République » oligarchique qui, bien plus que ne ferait une « menace existentielle étrangère planant sur la France », dissout notre pays dans l’acide de la « construction » européenne, broie nos conquêtes sociales au nom des critères de Maastricht, substitue le tout-anglais transatlantique à la langue française, délocalise nos dernières industries, strangule notre agriculture paysanne, asphyxie nos services publics, bloque nos salaires, bâillonne nos libertés avec la complicité de l’extrême droite (Cf. l’entreprise actuelle, appuyée par le RN ami de Netanyahou, visant à museler les amis de la cause palestinienne!), flirte partout avec les pires fachos (Meloni et les dirigeants crypto-nazis des pays baltes sont devenus des pièces maîtresses de l’architecture euro-atlantique!), et met en place une « économie de guerre » et une marche à la conflagration avec l’armée russe qui risquent de ne pas laisser pierre sur pierre de notre patrie déliquescente. Prière donc de ne pas nous jouer le grand air de « la grande démocratie européenne terrassant l’hydre fasciste », ça ne prend pas davantage que le chromo bleu marine de « l’Eshtablishment persécutant le pauvre petit RN » !
En réalité, l’Empire européen dont Macron, ainsi que sa rivale et complice von der Leyen du reste, se verrait bien le futur premier président en titre, ne veut tolérer aucun retard dans l’exécution de sa feuille de route guerrière, austéritaire et liberticide et pour cela, il est prêt à tout broyer sur son passage. Mais COMPLEMENTAIREMENT, l’extrême droite se comporte de moins en moins en trublion de cette Europe en marche vers la revanche sur Stalingrad et les avancées sociales de 1945. Or, bien que Meloni, Le Pen et Cie aient cent fois montré « patte bleue » en affichant leur ralliement à l’UE-OTAN, à l’euro et à la guerre antirusse, le RN reçoit aujourd’hui le coup de pied au c.. que méritent ses reniements, prix du soutien électoral et financier que ce parti, qui se dit patriote et qui n’est que xénophobe, voulait obtenir de l’oligarchie française « postnationale » et fanatiquement pro-OTAN et pro-UE.
Dans ces conditions, la seule ligne juste pour nous, communistes, patriotes républicains, démocrates et internationalistes, c’est d’appeler le peuple, à reconstruire ses outils de classe : syndicalisme de classe, parti communiste de combat, rassemblement populaire anti-UE, anti-OTAN et anti-Le Pen, liens internationalistes avec tous les peuples en lutte pour la paix. Plus que jamais, sans faire allégeance à quelque fraction que ce soit de l’oligarchie, qu’elle usurpe le drapeau tricolore ou qu’elle se drape dans le drapeau belliciste de l’UE, les vrais républicains confrontés à l’euro-décomposition de la démocratie bourgeoise doivent se souvenir que « le problème, c’est EUX, les serviteurs du grand capital, et que la solution, c’est nous, le monde du travail, la jeunesse populaire se souvenant de 1789, du 10 août 1792, de la Commune de Paris et du « Paris soi-même libéré » du 8 mai 1945. Plus que jamais, que « le peuple souverain s’avance » sans déléguer à personne le soin de son émancipation !
[1] L’auteur de ces lignes a fait sa première manifestation anti-FN à Menton en 1974 sous les couleurs de l’Union des Jeunesses Communistes de France : prière de ne pas lui donner des leçons d’antifascisme!
[2] « Si nous ne pouvons même pas vaincre les Russes, comment pourrons-nous vaincre les Chinois ? » a osé ingénument demander Kaja Kallas, la ministre européenne balte de la « diplomatie » (que serait-ce si elle n’était pas diplomate!)…
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