Quel est le rôle d’une organisation de jeunesse communiste ?

par | Mar 26, 2018 | JRCF | 0 commentaires

I – La jeunesse française en lutte.

  • Rapide historique des mobilisations de la jeunesse

Pour commencer je souhaiterais faire un rapide rappel historique de quelques dates importantes de la jeunesse française d’après-guerre en lutte .

Bien évidemment, il est impossible de passer à côté, alors que nous fêterons le cinquantième anniversaire cette année de Mai 68 et plus généralement du printemps 68.
Des camarades bien plus versés en histoire pourraient en parler bien mieux que moi, mais je voulais y revenir très rapidement.
D‘abord Mai 68 n’est pas monolithique. Il y a le Mai 68 étudiant que tout le monde connaît, et il y a le moins connu Mai 68 ouvrier. Une dizaine de millions de grévistes (grève la plus grande du monde en proportion de la population nationale) aidés par un PCF de combat et une CGT de classe, arracheront au gouvernement et au patronat des hausses de salaires et des avancées sociales encore jamais vues. Ce sont les accords de Grenelles.

La jeunesse, elle, bloque les facs et les universités. Bien qu’une grande partie de ces jeunes aient adopté un discours gauchiste anti-CGT et anti-PCF, il serait idiot de réduire la jeunesse à cela alors que beaucoup travaillaient à l’unification de leur lutte avec celle de la classe ouvrière.
Si cette jonction fut désamorcée pour différentes raisons, elle n’en a pas moins fait trembler la bourgeoisie au pouvoir. Cette menace que représentait l’alliance de la classe ouvrière et de la jeunesse était d’ailleurs bien comprise dans les hautes sphères étatiques.

En 2006, c’est le CPE (Contrat Première Embauche) proposé par Villepin qui jette la jeunesse dans la rue. Largement mobilisée et combative, elle fait reculer, avec l’aide d’organisations syndicales et de différents partis, cette contre-réforme visant à faire des jeunes des travailleurs sous payés. Cette fois, l’alliance de partis et d’organisations syndicales avec la jeunesse mobilisée sur un sujet qui la concerne directement aura eu raison des désirs patronaux.

10 ans plus tard, en 2016, c’est la loi El Kohmri. Alors que les confédérations syndicales ne s’accordent pas sur l’action à mener et à quelle date, les organisations de jeunesse bousculent le jeu politique en initiant la première manifestation bien plus tôt que proposée par les directions confédérales des syndicats. Très rapidement, grâce à la pression exercée « à la base » des syndicats et par les salariés (en fait par de nombreux syndicalistes parents d’élèves et d’étudiants) cette manifestation sera finalement rejointe par leurs directions d’abords frileuses.

Bien que la victoire ne fut pas au rendez-vous, car mise en péril par ces directions confédérales frileuses qui finalement trahirent la classe ouvrière et les syndicalistes pour quelques maigres concessions, l’élan auquel nous avons participé fut celui de la classe ouvrière française, organisée à la base en syndicat, et de la jeunesse contre une attaque en règle du gouvernement bourgeois européiste. Cet élan nous ne l’avions pas vu depuis longtemps et il a démontré que la classe ouvrière dont fait partie dans sa grande majorité la jeunesse française est capable de défendre elle-même, jusqu’à un certain point, ses intérêts.

  • Mobilisations en cours et non-mobilisation

Aujourd’hui, la tension politique est palpable. Des universités, comme le Mirail à Toulouse, d’autres à Rennes ou Paris, ont été ou sont toujours bloquées par les étudiants.

Cependant, à cause de la démobilisation organisée par les confédérations à l’automne 2017, la jeunesse française bout mais ne se révolte pas, alors que son avenir est mis à mal par les projets de réforme du BAC et de sélection à l’université.
La dépolitisation d’une grande partie de la jeunesse en est une des causes principales et il serait vain de se le cacher quand chacun d’entre nous peut l’observer sur le terrain tous les jours. La véritable question étant « Que faire ? »

  • Sondage : Les jeunes français prêts à descendre dans la rue (2016)

Pourtant, notre jeunesse, à l’image des travailleurs de notre pays, bien que de plus en plus dépolitisée et idéologiquement perdue, ressent en elle que les choses ne vont pas, même si elle n’en comprend pas tous les tenants et les aboutissants, et petit à petit la nécessité absolu de se révolter contre une montagne d’injustices qui se voient toujours plus devient réelle pour de nombreux jeunes.

Un sondage très intéressant est paru en 2016. Il s’agit d’une enquête dirigée par Science Po auprès des jeunes de 18 à 35 ans et le résultat est édifiant.

Le dégoût des jeunes envers les personnalités politiques est total puisque le sondage révèle que 8 jeunes sur 10 ont une image très négative d’eux et 99% d’entre eux les pensent corrompus.
Le désespoir également. En effet, 46% des jeunes Français estiment que leur avenir ne sera pas aussi bon que la vie qu’ont menée leurs parents. Et cela ne s’arrête pas là : 46% pensent également que la vie de leurs enfants sera pire que la leur !

Mais ils étaient néanmoins 62% à avoir déclaré être prêts à participer dès le lendemain et les jours et mois suivants à un grand mouvement de révolte.

Nous étions alors en pleine bataille contre la loi El Kohmri. La tension politique monte, la bataille des cheminots par exemple peut très bien embraser la plaine, bousculer les formations politique et relancer la jeunesse sur le devant de la scène et nous savons que la jeunesse révoltée est aujourd’hui un baril de poudre qui peut exploser à la moindre étincelle, à la moindre bavure policière, à la moindre provocation politique.

II – La nécessité d’une révolution socialiste pour la jeunesse étudiante et ouvrière

  • Réintégrer la jeunesse dans le processus démocratique

Largement exclue, elle aussi, du processus démocratique, ou de ce qu’il en reste, la jeunesse étudiante et ouvrière subit, malgré elle, sa propre dépolitisation, entraînant le désintéressement global de la population aux préoccupations nationales.

Alors que chaque nouvelle génération vient apporter un nouveau souffle à la nation tout entière, la grande bourgeoisie, bien décidée à dissoudre notre pays dans le grand bain européiste, l’asphyxie tout bonnement en le coupant, par différentes mesures, d’un renouveau culturel, musical ou encore politique essentiel à sa survie, point que nous ré-aborderons tout à l’heure.
Il nous faut faire confiance à notre jeunesse, tout en la guidant et en l’accompagnant, à ses capacités et au potentiel qu’elle peut développer dans le cadre d’une démocratie s’appliquant partout et surtout depuis la base.

C’est l’apprentissage de la démocratie municipale, associative ou autre qui formera les jeunes citoyens travailleurs et étudiants français de demain à leur République, une république défendant leurs intérêts.

  • Ré-appropriation de ses propres intérêts scolaires et professionnels

C’est également au sein des collèges, des lycées et des universités que l’apprentissage de la démocratie doit être mené en faisant participer au maximum, à la vie interne, les élèves avec les professeurs et le personnel des établissements.
Au sein des lieux de travail, les apprentis, les jeunes travailleurs doivent être pleinement intégré à la vie de leur boite et ne plus être considéré, comme aujourd’hui, comme des travailleurs « à moitié » effectuant tout de même, la plupart du temps, la même charge de travail que leurs collègues salariés, par contre, pour la moitié du salaire.

La jeunesse française précaire (la majeure partie donc) a des intérêts particuliers qu’elle peut et doit défendre elle-même au sein du combat pour sa classe. C’est aussi en se réappropriant l’esprit de lutte, en retrouvant la combativité, que l’on se repolitise. Pour cela il n’y a pas trente-six solutions, il nous faut arracher une première, puis une deuxième, puis une troisième victoire contre le Capital, et ainsi de suite. J’en reviens encore : mettons un terme à la débâcle organisée par les directions confédérales nationales des syndicats autant étudiants que professionnels. Ces directions ont abandonné l’esprit révolutionnaire et ne se contentent plus que d’accompagner la victoire du capitalisme, au mieux de la retarder, sur le monde du Travail, tuant dans l’œuf les espoirs de milliers de travailleurs et de jeunes conscients de la nécessité de changer les choses. A notre niveau, nous, les JRCF, devons bousculer, partout où cela est possible, la routinière révolte lycéenne et étudiante monopolisée par quelques organisations réformistes, pour pousser au plus loin cette révolte à son véritable but, celui qui verra monsieur le comte Castaner, réveillant dans la nuit Jupiter-Macron 1er l’astre lumineux et se demandant si cela est une révolte, répondre ainsi à la question de ce dernier : « Non sire, c’est une révolution ».

Ainsi rien ne sera impossible pour reconstruire l’enseignement, les universités, et surtout pour pousser plus loin encore, que là où elle en était, l’école pour toutes et tous, l’accès universel à l’université, pour reconstruire des programmes scolaires lavés de toutes idéologies capitalistes et protéger de l’influence patronale.

La révolution socialiste que nous préparons devra donc, entre autres, permettre aux jeunes français de se réintégrer dans la démocratie de classe pour se défendre avec leur classe.

III – L’incontournable organisation d’une avant-garde au sein de la jeunesse.

Mais pour réussir cette révolution, il faut que la jeunesse qui lutte se retrouve autour d’une même organisation qui luttera pour ses objectifs. Les communistes, marxiste-léninistes, comme au sein de la classe ouvrière, doivent être, au sein de la jeunesse, cette avant-garde absolument nécessaire. Motivée, organisée et combative, cette organisation de jeunes communistes saura être partout où il faut pour expliquer, à la jeunesse française, les tenants et les aboutissants des attaques contre ses droits, contre son éducation et contre son cadre de vie, qu’elle subit et qu’elle subira encore si elle ne se mobilise pas pour prendre en main la lutte et pour se défendre.

On le voit jour après jour, le manque d’organisation mène tout mouvement sincèrement protestataire à l’échec et au vivotage. Est révélateur l’abandon, entre autre, du centralisme démocratique et des cellules d’entreprises, par la direction du PCF il y a de cela plusieurs dizaine d’années qui ouvrit une brèche au sein du parti dont profitèrent les réformistes de tout poils pour s’y infiltrer et prendre en main quasiment tous les rennes, menant à l’état actuel de dé-communisation totale.

Chez la jeunesse, même constat. Combien sont-ils à abandonner la lutte après quelques années de « révolutionnarisme », de blocages de lycées et de FAC, faute de structure solide ? Ce « révolutionnarisme » découle d’ailleurs largement de ce manque. Le jeune qui perçoit les inégalités, qui les ressent et qui veut se battre, mais qui n’a aucune expérience militante et/ou organisationnelle, et qui ne trouve aucune organisation qui réponde réellement à ce besoin, sera abandonné au vivotage intellectuel, voguant d’idée en idée sur les sites et forums internet puis, après quelques années, sera rattraper par les impératifs de la société capitaliste qui, elle, est organisée. On rentre ainsi dans le cadre, au mieux on considérera cela comme une expérience, au pire, comme une erreur de jeunesse.

L’existence, donc, d’une organisation révolutionnaire pour la jeunesse est donc vitale pour la société tout entière.

  • Contrer les attaques des capitalistes contre les droits des étudiants et des jeunes travailleurs en termes de salaires, de logements, de soins et de protections sociales

Son objectif, dans un premier temps, sera de faire renouer la jeunesse française avec l’importance de la lutte. Vous connaissez la phrase de Bertolt Brecht, dramaturge communiste est-allemand : « Celui qui lutte n’est pas certain de gagner, mais celui qui ne lutte pas est sûr de perdre ».

Jeunes étudiants, travailleurs et chômeurs, les questions de logements, de soins, de salaires et de protection sociale les concernent tous.

Un étudiant sur deux doit au moins travailler durant ses vacances ou ses week-ends pour vivre.
Le nombre de logements étudiants est aujourd’hui largement trop bas.

Les apprentis et autres statuts de jeunes travailleurs apprenant un métier sont dé-considérés par les patrons qui ne se privent pas de cette main d’œuvre que l’on paie moitié moins cher qu’un salarié déjà formé.

Les jeunes chômeurs de moins de 25 ans, n’ayant pas droit pour la plupart au RSA, ne peuvent compter que sur l’intérim et les contrats ultra-précaires.

Ces constats nous les faisons tous les jours.
Une organisation révolutionnaire de jeunes communistes devra donc être présente sur toutes ces questions pour MENER le débat, pour MENER la ré-information et pour MENER la contre-offensive.

  • Arracher de nouveaux droits et combattre efficacement l’exploitation par la classe capitaliste

Cette contre-offensive ne devra pas s’en tenir à retrouver l’état des choses de telle ou telle époque,  la plupart du temps fantasmés d’ailleurs, et s’y arrêter.

Ce sont de nouveaux droits pour les jeunes qu’il nous faudra arracher à la classe capitaliste et l’extension de ceux déjà existant.

Un droit imprescriptible au logement pour que plus un seul jeune étudiant ne dorme dehors ou dans sa voiture, avec interdiction des coupures de gaz, d’eau et d’électricité, des saisies et des expulsions des jeunes ménages en difficulté financière.

L’intégration des emplois jeunes et apprentis dans les effectifs des entreprises.

Le rétablissement du statut d’étudiant-salariés.

Une couverture sociale pour tous, notamment pour les jeunes n’ayant jamais occupé d’emploi.

Voici quelques-unes des nombreuses propositions que nous portons et qui doivent accompagner la jeunesse qui aura repris en main la lutte.

Mais, comme je le disais, nous ne devons pas nous en tenir à améliorer financièrement et qualitativement, dans le cadre de l’économie capitaliste, la vie de la jeunesse française. C’est toute la logique capitaliste, et ses conséquences sur leur vie, qui doit être expliquée et combattues, sans quoi nous mettrions nous même la jeunesse, et notre organisation, à la merci d’un retour en force de cette logique. On ne s’arrête pas en chemin camarades !

C’est la logique capitaliste qui pousse le patronat à se servir des apprentis comme main d’œuvre bon marché. C’est la logique capitaliste qui pousse les industriels à s’incruster dans les programmes et les formations au sein de l’éducation nationale. C’est la logique capitaliste qui entraîne les étudiants à mettre en péril leurs études pour bosser le soir et les week-ends afin de vivre décemment.

Notre objectif, ne l’oublions pas même une seconde, doit être, in fine, le renversement de la classe capitaliste et des règles du jeu qu’elle s’est instaurées et qu’elle impose à la société toute entière.

  • En finir avec « l’américanisation » et la globalisation des consciences, cad l’hégémonie d’un vide culturelle capitaliste sur les esprits (emissions abrutissantes, tolérance accrus envers les drogues, manipulation de l’Histoire au profit de la classe dirigeante, destruction des cultures musicales et linguistiques nationales etc…), et y opposer l’éducation de notre classe, l’Histoire par les faits, le sport, la musique, la fin du « showbusiness » culturel etc…

Car s’il y a bien un fléau qui touche particulièrement la jeunesse, qui est, et c’est bien normal quand on est jeune, encore en recherche de repères identitaires, culturels etc, c’est bien cette globalisation des consciences qui, par différents moyens, se cache derrière une fausse diversité de l’offre intellectuelle. Cette fausse diversité c’est l’accès à un panel énorme de chaînes de télé, c’est également l’accès facilité à des dizaines de milliers de groupes de musique, c’est l’offre de « looks » vestimentaires différents pour correspondre au plus près des valeurs de chacun, finalement l’affirmation de son identité individuelle au sein d’un monde globalisé, détruisant le nations et les cultures et se faisant néanmoins le chantre de la pluralité et du culte de la différence.

En réalité, cette soi-disant diversité ne sert qu’à conquérir, d’abord dans les consciences, puis dans les portes-monnaies, de nouveaux marchés. La pseudo pluralité télévisuelle ne tient plus quand se sont seulement 9 milliardaires qui tiennent ce panel de centaines de chaînes télé (sans parler des journaux, stations de radio et sites web). Quid de ces entreprises proposant à chacun de se démarquer, à longueur de pub, en choisissant le produit qui lui convient à lui seul ?

Que dire également du choix musical que nous proposent ces stations de radio diffusant « non-stop » les mêmes compositions, toutes écrites de la même façon, toujours en anglais évidemment, et de plus dans un anglais très simple qui ne rend pas honneur à la langue de Shakespeare… Ils sont très rares les paroliers d’aujourd’hui, chantant en français, à passer sur les médias les plus suivis. Ceux portant un message politique cohérent sont évidemment bannis sans ménagement. La langue est porteuse de conscience et, d’autant plus aujourd’hui que la domination du Capital montre son potentiel hégémonique sur le plan linguistique en y préférant le « globish », cette langue « anglaise » simplifiée au maximum pour assurer les affaires, défendre la langue française, notre langue, et son apprentissage sérieux dès le plus jeune âge, c’est, d’abord se défendre en tant que classe sociale luttant pour ses intérêts, et également défendre la diversité linguistique planétaire, donc les autres langues. Le français est en quelque sorte à l’avant-garde de cette diversité linguistique. En cela notre combat pour la défense de la langue française s’inscrit parfaitement dans notre ligne de l’alliance du drapeau rouge de la classe ouvrière internationaliste au drapeau tricolore de la nation populaire française.

La jeunesse, elle, subit cet état des choses et est doucement formatée à la consommation de la culture simpliste, voir vide de contenue. On forme la génération NETFLIX et playstation, l’incitant à rester au chaud chez elle, l’empêchant de sortir, de communiquer avec ses congénères en lui donnant tout à domicile. Consommation rapide, sans temps de réflexion afin de vivre et de profiter de « l’instant présent », d’oublier nos soucis et de ne pas se soucier du lendemain que ceux qui organisent l’offre du vide intellectuel sont entrain de condamner à la nuit.

Un autre fléau, qui n’est pas nouveau, mais beaucoup plus puissant qu’auparavant, est celui de l’importance que prennent les différentes drogues et substances en circulation dans notre pays dans la vie de la jeunesse. Il y a aujourd’hui une véritable sous-culture de la drogue. Celle-ci est associée à de nombreuses autres sous-cultures de jeunes gens en quête de sens et d’identités. Et la drogue, en général, parvient à handicaper leur compréhension du monde.

Mais s’il faut faire un distinguo entre l’alcool et ce qu’on a l’habitude d’appeler la drogue, il ne nous faut pas néanmoins fermer les yeux sur cette pratique de la consommation excessive et rapide d’alcool fort qui touche une partie de la jeunesse. Mais il faut également bien intégrer le pourquoi de cette pratique qui rejoint celle qui est que les jeunes font d’autant plus la fête en groupe, chez eux, dans un cadre privé, avec leur propre stock d’alcool acheté en grande-surface.

L’augmentation du coût de la vie, dont celui de la distribution d’alcool dans les bars, voir les marges exorbitantes que pratiquent les boîtes de nuit sur une simple bière blonde en bouteille, s’ajoutant à la désertification des villages ruraux et des quartiers populaires des villes, d’une part détruit tout lien social, notamment entre les différentes générations et, d’autre part, pousse effectivement une grande partie de la jeunesse des couches populaires à faire le choix systématique de la consommation chez soi, entre amis, et/ou celle d’une consommation rapide et excessive avant d’entrer en boite pour ne pas avoir à payer sur place. Ce genre de pratique doit nous inquiéter et il nous faut savoir l’expliquer.

C’est pour cela que rejeter l’idée qu’une organisation de jeunes communistes puisse avoir son mot à dire et un impact sur les pratiques sociétales qui touchent notre jeunesse serait parfaitement idiot et handicapant. Nous devons avoir un avis sur tout, nous devons travailler sur chaque question, chaque phénomène de société et comprendre, pour expliquer par la suite, les différents liens entre ces phénomènes et les forces économiques et politiques en jeu. Soyons une contre-culture, comme l’a été autrefois le grand parti des travailleurs en France.

Luttons dans le même temps pour le sport, la culture, la musique et l’éducation populaire écartées des forces économiques du capital.

N’ayons pas peur de nous mêler de tout et de combattre le capital et la réaction, qui se fait un plaisir de prendre à bras le corps ces questions, sur tous les terrains. Pour cela, disait Lénine, il nous faut étudier, étudier et encore étudier.

IV – La place d’une telle organisation au sein du mouvement révolutionnaire

  • Organiser et mobiliser rapidement la jeunesse sur des questions politiques ou urgences

La tâche principale que nous devons tous bien avoir en tête est celle de l’organisation. Nous l’avons vu, une organisation solide est cruciale si nous voulons avoir une chance de gagner.

Je cite ce jeune socialiste et syndicaliste américain du début du XXème siècle, Joe Hill, exécuté par l’État nord-américain, et qui, dans sa dernière lettre à destination de ses camarades écrivit : « Ne perdez pas de temps dans le deuil, organisez vous ! »

Les jeunes militants communistes organisés devront intervenir, là où ils sont et où ils le peuvent, dans les organisations syndicales de jeunesses lycéennes et étudiantes et professionnelles (branches jeunesses des organisations syndicales), dans les assemblées générales en amphi dans les facs et dans toutes les actions collectives dont seraient partie prenante la jeunesse.

Une organisation de jeunes communistes révolutionnaires devra être le plus possible implantée localement, pour intervenir rapidement sur des questions urgentes et d’actualités.

Informant du mieux possible, tenant une place de premier plan sur les réseaux sociaux et sur Internet en général, elle devra également être capable de mobiliser dynamiquement sur le terrain.

Ayant parfaitement conscience du besoin de formation de tous ses militants, cette organisation devra assurer, localement comme nationalement, des formations théoriques, mais aussi des formations pratiques, sur le terrain, au militantisme « de base ». Car la clé est bien là, sans formation au marxisme-léninisme, les militants ne peuvent appliquer le marxisme-léninisme à la lutte de tous les jours. Évidemment, des formations de ce genre devront être également une porte d’entrée pour de jeunes gens non-adhérents mais proches de nos idées, intéressés, voire simplement curieux.

  • Faire peser la voix des jeunes marxiste-léninistes dans tous les débats

Un point rapide qui découle de l’importance des formations théoriques et pratiques: l’importance pour les jeunes militants marxiste-léninistes de savoir faire peser notre voix dans tous les débats, autant dans l’argumentaire, et quelque soit le sujet comme je l’ai exprimé auparavant, que dans la technicité d’un débat. Bien comprendre comment l’événement auquel on assiste va se passer. Meeting, débat, conférence etc… Tous ces événements ne se déroulent pas de la même façon et la prise de paroles non plus. Le but à atteindre est évidemment de faire connaître clairement et simplement notre argumentaire, et d’autant plus au public qu’à la ou les personnes intervenant officiellement en tribune. Plus nous nous confronterons à des événements de ce genre, plus nous maîtriserons l’art du débat et saurons faire avancer notre cause. Comme nous aimons à le dire, c’est en forgeant que l’on devient forgeron !

Le but, sur le plus long terme, est évidemment de s’imposer comme LA SEULE organisation claire sur sa ligne, capable de défendre la jeunesse française dans tous les domaines, que ce soit ses droits et devoirs, la culture, l’éducation, et capable tout en même temps de l’amener à adopter la position que seul le renversement de l’ordre capitaliste mettra un terme à ses maux.

En d’autres termes, il nous faut gagner l’hégémonie politique et culturelle chez la jeunesse.

V – La JRCF, un embryon de cette organisation

  • État actuel

Tout cela nous mène à notre JRCF. Comme vous le savez nous ne sommes pour le moment qu’une commission du PRCF, parfaitement intégré à ce dernier. Nous jouissons d’une certaine autonomie car le PRCF s’est donné pour but de réformer une organisation de jeunesse indépendante, bien que très liée au Pôle de nos aînés, à l’image d’autres formations politiques de jeunesse, MJCF, jeunesse socialiste etc…

Nous actons des adhésions chaque mois, le dynamisme y est de plus en plus fort, le besoin de formation des jeunes camarades d’autant plus !

La commission jeunesse est formée d’un responsable national, moi même, et de deux responsables adjoints, nos camarades Simon et Tristan.

Nous avons des relations internationales avec les jeunes du Fronte Popolare italien, des Jeunes du PCPE, du Youth Connoly Movement, organisation de jeunesse du PC Irlandais, dernièrement des contacts ont été pris par notre camarade Simon, qui fut envoyé en délégation pour le PRCF au congrès du Kommunistisk Parti, du Danemark, avec les jeunes de cette organisation.

Nous sommes installés, avec nos moyens, sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter, nous possédons un blog qui tourne et publie un nouvel article presque tous les jours, et je remercie au passage notre camarade Tristan qui fait tourner à lui tout seul la parution des articles et publications sur les médias JRCF.

Concrètement, les JRCF s’organisent, et gagnent en notoriété. Parfois moqués, nous n’en sommes pas moins de plus en plus connus. Nos actions en tant que JRCF sont principalement aujourd’hui de la propagande sur internet, néanmoins, nous participons désormais activement, et de façon visible, avec le PRCF, aux différents rassemblements, manifs, avec NOS drapeaux JRCF.
Deux tracts à destination des jeunes lycéens et étudiants sont également sortis et sont à disposition.


Nous disposons également d’un début de programme qui reprend 26 propositions concernant la jeunesse présentent dans le programme du PRCF.

  • Futur

Notre objectif est de viser la création d’une véritable JRCF pour l’année 2019, et avec un peu de chance et d’acharnement à la tâche, pour la prochaine conférence nationale du PRCF. Nous avons confiance dans nos moyens d’atteindre cet objectif. Des projets de campagnes d’adhésion sont déjà discutés, accompagnant, par exemple, la création d’un site JRCF pour remplacer le blog existant.

Nous prévoyons également la tenue de camps d’été et, bien évidemment, de nos propres stages de formations.

Nous attendons également beaucoup des jeunes militants en terme d’initiatives, de productions de contenus (musicaux, dessins, articles), d’organisation d’évènements et d’actions locales etc et c’est le travail de la direction des JRCF, aujourd’hui la commission jeunesse, demain le secrétariat national de la JRCF, d’impulser les militants, où qu’ils soient, à la lutte et à l’initiative collective.
D’ors et déjà nous avons besoin de vous, sur les réseaux sociaux, pour partager les articles, répondre aux commentaires, argumenter et défendre nos positions, proposer l’adhésion à certains contacts qui semblent intéressés.

La JRCF ne prétendra pas vouloir devenir, par ses seuls moyens, la nouvelle organisation de jeunes communistes de France. A l’image du PRCF, elle contribuera à la nouvelle unité nécessaire des véritables jeunes communistes, c’est-à-dire des révolutionnaires, qu’ils soient membres des MJCF ou d’autres organisations, ou même en dehors de toute organisation, contre leurs directions réformistes et/ou sectaires qui minent également le mouvement de la jeunesse communiste française, l’envoyant dans le mur de l’européisme et du soutien au JO, l’éloignant toujours plus du marxisme-léninisme.

D’ors et déjà, comme nos aînés, nous appelons à un nouveau Congrès de Tours de la jeunesse communiste qui opérera cette séparation et permettra la construction d’une organisation réellement communiste, rassemblant, dans la pratique, les fédérations départementales des MJCF luttant en interne contre le réformisme et l’européisme, et des organisations comme la nôtre ouvrant ainsi également la voie de l’adhésion à de nombreux jeunes communistes « perdus dans la nature ».

Camarades, la construction de notre organisation de jeunes communistes doit être notre tâche primordiale. Chaque jour, elle doit nous animer et nous pousser dans ce sens à l’initiative. La tâche est grande et importante, mais nous sommes sur la bonne voie ! Il y aura des hauts et des bas, des obstacles à franchir et des embûches à éviter, mais quand je vois le chemin qui a déjà été fait depuis un an, je ne vois vraiment pas ce qui pourrait réussir à nous arrêter.

Pour terminer je souhaiterai vous citer l’une des dernières répliques du magnifique film de Jean Renoir, « La Marseillaise », sortie en 1938. Elle ne s’adresse pas seulement à la jeunesse mais à nous tous et je déplore qu’un tel film traitant de la révolution française, que moi même je n’ai pu découvrir que très récemment, ne soit pas plus connu et diffusé que ça dans les milieux militants communistes et républicains. Cette réplique, je l’espère, vous bouleversera autant qu’elle m’a bouleversé.
Partant pour combattre l’armée des traîtres à Valmy, Honoré, l’un des fédérés marseillais, s’exprime à ses camarades révolutionnaires : 

« Même si aujourd’hui les canons des prussiens nous écrasent, ils n’arriveront pas à écraser ce que nous avons apporté au monde. Avant nous, les peuples étaient en face de la liberté comme un amoureux devant une femme à qui il lui aurait été interdit même de lui adresser la parole. Et brusquement, grâce à nous, voilà que notre homme peut enfin tenir sa bien aimée dans ses bras. Bien sûr, elle n’est pas encore sa maîtresse. Il devra se donner du mal pour terminer sa conquête. Mais maintenant qu’ils se connaissent, même si on les sépare, un jour ou l’autre ils se retrouveront».

Merci camarades pour votre écoute,

Que vive le PRCF,

Que vive la JRCF,

Et en avant vers l’unité des jeunes communistes révolutionnaires de France,

En avant vers la renaissance du grand parti des travailleurs !

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